Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
Document Actions

Nouvelles de nos Missions d'Afrique

23 mars 2018

Visite de Sr Julia, Supérieure Générale, en RCA et RDC..

"Mon séjour à Bangui et Libenge s’est passé paisiblement dans la confiance et l’espérance au Dieu de la vie et de l’histoire. C’est Lui qui agit, renouvelle le sens de la vie et de nos attitudes. L’avenir est entre ses mains. Il reste seulement à faire le pas qui s’impose à notre responsabilité même si la situation des pays est encore bien tendue et difficile.
Ce qui me comble de joie et de force pour dépasser les difficultés, c’est de voir l’engagement de nos sœurs au service de tous ceux qui souffrent et qui ont besoin d’elles ; joie de voir les merveilles qu’elles réalisent envers les personnes : elles partagent leurs joies, leurs peines, se donnent et reçoivent...."

 Comme vous le savez, la République Centrafricaine est un pays enclavé au cœur du Continent Africain. D’une superficie de 623 000 km² et d’une population estimée à 5 million d’habitants elle compte 80% de chrétiens, 15% de musulmans et 5% d’animistes.
Dans la paroisse St Joseph MUKASSA, CATTIN se trouve l’une des deux communautés de BANGUI. Cette paroisse se situe à la périphérie de la capitale de la République Centrafricaine. Lors de la dernière crise, elle a abrité plus de 40 000 déplacés. Toutes les écoles de ce quartier ont été détruites. Les enfants font plusieurs kilomètres pour aller à l’école. Les plus petits n’y vont pas à cause de la distance et de l’insécurité.
A la demande du Cardinal Dieudonné NZAPALAINGA [archevêque de Bangui], La communauté des Oblates a répondu aux besoins liés à l’éducation des enfants. Elle se compose de six Sœurs : Zoila , Sophie, Yvette, Simone, Berthe et Florence. Elles participent à la pastorale de la paroisse, travaillent dans les Centres de Santé où elles font le suivi des enfants malades, malnutris et ceux dont les parents sont vivants ou non atteints par le HIV. Deux sœurs s’occupent de cette école, ouverte à la demande du Cardinal depuis deux ans. Nous accueillons les enfants de toutes les catégories, surtout les orphelins et les enfants dont les parents ne peuvent pas payer les frais scolaires.
Depuis l’an passé, avec l’aide de KINDERMISSION, nous avons ouvert une école maternelle composée d’un bâtiment de trois salles et un bureau. En fin d’année, les parents étaient satisfaits de la formation de leurs enfants et nous ont demandé d’ouvrir les classes supérieures.
Avec nos modestes moyens financiers, nous avons construit une paillotte qui fait office de salle de classe. Nous pensions inscrire trente enfants pour le Cycle préliminaire 2 (CP2). A notre étonnement le nombre d’enfants a presque doublé par rapport à l’effectif de l’an passé. Nous nous voyons dans l’impossibilité de construire un nouveau bâtiment et acheter tous ses équipements pour accueillir les enfants l’année prochaine.
Afin de poursuivre ce projet éducatif, nous avons demandé une aide financière à l’AMOCJ et au Diocèse de Lisbonne qui va nous donner le partage de carême pour construire un bâtiment de 8 salles de classes et renforcer la capacité d’accueil pour l’année 2019-2020. Cela représente un coût d’environ 200. 000 euros. Je confie ce projet au Cœur de Dieu par intercession de Saint Joseph.
« Nous réalisons que ce que nous accomplissons n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Mais si cette goutte n'existait pas dans l'océan, elle manquerait » Mère Teresa de Calcutta.
La deuxième communauté de BANGUI est constituée de trois sœurs, située dans le Centre Spirituel, Mgr CUCHEROUSSET du diocèse. C’est la communauté de référence de Sr Thérèse, Régionale des deux Pays. Elle vit avec Sœur Judith, Sr Brigitte, et deux aspirantes : Marie Thérèse et Catherine.
Elles accueillent des missionnaires qui viennent de l’intérieur du pays, proposent des retraites spirituelles et des sessions de formation pour la vie religieuse et des groupes divers. Elles s’occupent aussi de la librairie du diocèse, unique dans la Ville.
LA COMMUNAUTE DE LIBENGE est Composée de six sœurs : Ernestine, responsable de la Communauté, s’occupe des Orphelins, aide les femmes à créer des associations agricoles et d’élevages, et fait le lien avec les ONG’S locales. Marie débute des études supérieures à l’Institut Supérieur Pédagogique de LIBENGE, elle travaille aussi à la direction de l’école maternelle Ste Thérèse. Jeanne a pris la direction de l’école primaire depuis septembre 2017. Sœur Suzanne poursuit sa mission à la direction du Lycée MWINDA. Sœur Lucie est professeur au Lycée, dans la Section Coupe et Couture. Elle donne également des cours de Coupe et Couture au Collège St Dominique à la paroisse St François. Sœur Aimée avec Sr Lucie donne également des cours de Coupe et Couture au Lycée, elle dirige le Foyer Social (Mère-Filles) de LIBENGE. Trois Aspirantes Rebecca, Ernestine et Chrétienne participent et accompagnent les groupes de la paroisse avec les sœurs.
Le doyenné de LIBENGE est situé dans la province du SUD-UBANGI, Diocèse de MOLEGBE. Les populations vivent de l’agriculture. L’activité économique majeure est constituée par le travail artisanal et le petit commerce informel. Le manque d’activité professionnelle, de connaissances spécifiques, de moyens techniques modernes, de caisse d’épargne ainsi que le revenu trop faible et le taux très élevé de chômage rendent impossible l’accès aux biens et aux services de la société (alimentation, santé, instruction).
Parmi les causes de la recrudescence d’abandon des orphelins, il y a la pauvreté des familles, les conflits armés à répétition et certaines croyances dans les coutumes.
En 1952, les premières œuvres sociales des Oblates du cœur de Jésus étaient centrées sur l’éducation, la promotion sociale de la femme, la formation professionnelle en situation de vulnérabilité. Désormais ces activités ont atteint une bonne visibilité sur le Territoire.
En 2008 nous avons ouvert l’orphelinat (F.A.T) qui veut dire Famille d’Accueil Transitoire. Cet orphelinat accueille des enfants et des adolescents de 0 à 17 ans. Il assure l’hébergement des enfants de 0 à 10 ans orphelins Congolais et autres Centrafricains dont les parents sont décédés dans les camps de réfugiés.
Depuis 2012, plus de 12 456 réfugiés Centrafricains ont été accueillis sur le territoire, en attente de rapatriements jusqu’à l’instauration de la paix dans leur pays. Ils bénéficient de la restauration, des soins médicaux, de la scolarisation, de la formation et l’insertion professionnelle, et l’intégration familiale. 40% des produits pourvoient aux besoins des orphelins. Nous voulons mettre en place un projet de fabrication d’hostie qui coûte environ 12.000€. Nous le confions à l’intercession de Saint Joseph. Les bénéfices de ce projet ont pour but d’aider l’orphelinat dans la formation des enfants de 10 à 17 ans pour l’apprentissage de la menuiserie, la maçonnerie et la coupe et couture. Ce projet a une grande influence dans trois Doyennés au Sud –Ubangi car, il y a 13 Paroisses qui commandent des hosties fabriquées chez les Pères Capucins dans une autre paroisse mais il y a beaucoup de commandes et peu d’hostie en stock. Au Sud-Ubangi, la population est majoritairement des chrétiens Catholiques (70%). Nombre de jeunes sont engagés dans la pastorale dans les paroisses et sous-paroisses.
Au CENTRE D’ACCUEIL TRANSITOIRE LOUISE THERESE /LIBENGE : nous avons pris en charge des enfants, des jeunes orphelins et pygmées grâce aux aides données par l’Institut et les bienfaiteurs :
• 11 enfants sont pris en charge : alimentation, scolarité et soins médicaux
• 21 enfants sont scolarisés en Primaire
• 11 adolescents jeunes sont scolarisés en secondaire
A la Maternelle st Thérèse : une centaine d’enfants prennent leurs repas chaque jour.
Un des moments forts de cette visite est la rencontre des trois communautés avec le père TRICARD. Depuis 2011 les trois communautés ne s’étaient pas rencontrés à causes des évènements du Pays.
Pendant son séjour à Bangui, le P. TRICARD a partagé avec nos sœurs ce qu’il a essayé de mettre en valeur dans le livre : « Prier quinze jours avec Louise Thérèse ». Il a fait le lien entre les paroles de Louise-Thérèse et celles du Pape François dans « La joie de l’Evangile » puisque Louise-Thérèse est une sainte pour aujourd’hui. Le père a montré le contexte dans lequel elle a écrit en insistant sur les évènements du XIXème siècle qu’elle a vécus de la Restauration à la Commune. « J’aime montrer-dit le père TRICARD sa proximité avec sa famille, ses neveux : Sabine, Robert et Camille, qu’elle a suivis après la mort de leur mère. Je voulais aussi parler de la mission internationale des Oblates, de leur rayonnement dans les pays les plus pauvres et par exemple leur lien avec Mgr Oscar ROMERO ». Il a personnalisé son récit témoignant de ses liens avec l’Institut, en particulier avec les SAMUELS. Il a partagé avec enthousiasme les détails de la vie quotidienne de Louise-Thérèse et l’importance qu’elle y accordait. Il a donné un aperçu de ce qu’elle est : une femme très humaine, proche de sa famille et de ses amis, consciente de la réalité du monde et engagée à la transformer. Cela elle l’a vécu comme fruit de sa profonde spiritualité fondée sur son amour au Cœur de Jésus et l'Eucharistie. Pour le père Tricard, les lettres qui révèlent le mieux son humanité, sont celles adressées à sa nièce Sabine de KERGARADEC.
Je ne me fatigue pas d’exprimer toute ma gratitude et ma reconnaissance pour la réalisation de cette belle œuvre : « Prier quinze jours avec Louise-Thérèse », de visiter et partager avec chacune de nos Oblates son savoir avec grand dévouement et disponibilité. Il contribue grandement à la formation permanente de notre Institut.
Notre passion pour Dieu et pour les autres, y compris pour nos Oblat(e)s, nous pousse à nous engager avec notre cœur, notre esprit et notre volonté à rechercher et à réaliser le désir de Dieu ici et maintenant. Les cris de ceux que l'on marginalise, que l'on exploite, de ceux qui souffrent, nous touchent et nous rendent inventives dans notre manière d’agir. Notre propre pauvreté nous interpelle et nous pousse à avancer. Nous pouvons aider les autres à sortir des périphéries et à aller vers les périphéries, pour relayer le cri des opprimés, que ce soient des personnes, des peuples ou la planète, parce que nous savons que ce que nous vivons aujourd'hui aura des effets sur les générations futures. En ouvrant nos tentes pour faire cela, non seulement entre nous mais avec beaucoup d'autres, avec des personnes de bonne volonté de tous groupes ethniques, de toutes religions ou de tous milieux sociaux, nous avons la ferme espérance que ce que nous semons aujourd'hui fleurira demain.
Que la Vierge Marie, Notre Reine et Mère, intercède pour nous et accompagne notre marche vers Pâques !
Avec tout mon amitié
Julia de Sousa

<< Go back to list